samedi, mars 11, 2006

Hell


Je suis perplexe. Quand je suis sortie du cinéma, je me suis dit: "ce film est pas top". Et franchement, c'était vrai. Il y a bien deux trois séquences réussies, une très drole et les deux autres assez fortes. Mais après...
Par contre, quand je dis "réussies", ce n'est pas esthétiquement parlant: la réalisation est mauvaise, la post production semble inexistante ou faite par les stagiaires. Je ne sais si c'est un parti pris de réalisme, mais le côté caméra à l'épaule, tout est pris sur le vif, hop hop hop un gros zoom a l'arrache et la caméra qui tremble, ca ne passe pas sur l'ensemble du film. Ca fait amateur. Et pourtant, d'autres films tournés en DV dans les mêmes conditions (La vie révée des anges, les films des frères Dardenne et j'en passe) ont prouvé que le résultat pouvait être bon. Mais là, franchement, c'est trop. Ajoutons à ça un montage trop brutal (des cuts trop brefs, trop tranchants) et parfois pas clair du tout, et un mixage son assez aléatoire, et le résultat n'est vraiment pas des meilleurs.
Et pourtant...
Et pourtant plus j'y pense et plus je me dis qu'il y a tout plein de bonnes choses dans ce film; que le sujet (un amour trop fusionnel qui mène à la folie), bien qu'il soit placé dans un monde qui n'est pas le mien (la jet set Ardissonniènne, qui est d'ailleur au générique du film) est un sujet bateau qui ne l'est pas par hasard: il y a de belles choses à dire dessus. Et bien que apparement, le livre a été complètement simplifié et a perdu de sa force (je ne peux le certifier, ne l'ayant pas lu, je fais confiance entièrement à une amie qui me l'a dit), je trouve le film juste. Assez paradoxalement d'ailleurs, puisque j'ai (à la base) beaucoup de mal à adhérer au jeu de Sara Forestier et Nicolas Duvauchelle, que je trouve justement faux. Il m'aura fallu un peu de temps pour dépasser l'impression que les dialogues sonnaient faux, et à partir de ce moment là, je me suis laissée entrainer dans cette histoire d'amour fusionnel qui mène à l'autodestruction: les acteurs étaient bons. Les répliques fortes.
Et tout bien considéré, c'est pas si mal que ça. C'est maladroit, c'est tout ce que vous voulez.
Mais c'est le genre maladroit qui vous le rend attachant, pas énervant.

Shooting Dogs


Que dire ? J'ai l'impression qu'on ne peut poser de mots sur ce film. Ou alors, que les mots qu'on pourrait utiliser serait trop faible pour le décrire.
Le film a été un choc pour moi. Le film qui te retourne. Qui te fait pleurer. Qui te fait te dire que le monde est pourri. Mais que le cinéma est vraiment un beau moyen pour nous empecher d'oublier.
Le film qui m'aide un peu à répondre à cette question que je me pose depuis quelque temps: le cinéma doit il être engagé? voire, politique? je veux dire, user de la fiction pour faire passer un message. La question ne semble pas évidente, mais pourtant, au vu de films comme Shooting dogs ou Lord of War, qui sont pour moi deux des meilleurs films depuis le début de l'année, finalement, la réponse n'est pas si compliquée.