jeudi, avril 20, 2006

Les déceptions du mois: Enfermés dehors et Jean-Philippe


On passera rapidement sur le très mauvais Enfermés dehors d'Albert Dupontel. Je n'ai malheureusement aucun objet de comparaison, n'ayant vu ni Bernie ni Le créateur, qui, a écouter tout le monde, sont hilarants. Il n'empêche qu'Enfermés dehors ne m'a pas fait rire: pourtant, je n'ai rien contre l'humour noir, bien au contraire. Mais celui que pratique Dupontel dans son film n'a rien d'humour. Cela ressemble plus à du cynisme mais il n'a rien de comique(du moins pour moi. Je rappelle la subjectivité dont mes "critiques" sont empreintes). Rajoutons à cela une musique électrique bruyante qui n'apporte rien au film, et un parti pris esthétique qui ne m'accroche absolument pas: de gros zoom très rapides à la Amélie Poulain, la classe en moins.
Jean Philippe m'intriguait plus, tout du moins sur le papier. Le principe était intéressant: un fan de Johnny se reveille d'un accident et découvre que dans ce monde parallèle dans lequel il a basculé, Johnny n'est pas connu et n'est que Jean-Philippe Smet, patron d'un bowling nommé l'Olympia. Malheureusement, dans le concret, Jean-Philippe n'est pas si réussi que ça. On peut ne pas aimer Luchini, mais il faut reconnaître que sa façon si particulière de parler, son visage d'éternel déphasé fait rire. Or, dans Jean-Philippe, l'humour manque cruellement. Le film est un peu mou. C'est un secret de Polinichel qu'un film traitant du fanatisme m'interesse toujours: pourtant, dans Jean-Philippe, aucune réflexion sur le fanatisme.
Impossible de ne pas penser, dès les premières images, au Podium de Yann Moix: le générique est construit de la même façon (un montage alterné d'images d'archives des concerts de Johnny et de la vie de Luchini), et on retrouve le temps d'une scène Bernard Frédéric imitant Clo-Clo au casting d'une émission genre Nouvelle Star (clin d'oeil un peu appuyé mais seul moment comique du film). Mais Luchini n'est pas Poelvoorde, et Jean-Philippe s'avère très decevant. Reste la (re)découverte des tubes de Johnny, et l'air de L'envie de Johnny dans la tête après la sortie de la salle.

Essaye-moi


Essaye-moi est le premier long métrage de Pierre François Martin-Laval, alias Pef, un des plus drôle des membres des Robins des bois. Sur un principe scénaristique proche du bidon (un homme revient dans la vie de son amie d'enfance pour lui dire que, maintenant qu'il est cosmonaute (comme elle le souhaitait) ils peuvent se marier, se fait jeter. Il lui propose alors de l'essayer pendant 24h avant qu'elle lui oppose un refus définitif), Pef nous livre un joli film de conte de fée.
Ce film sans prétention aucune se regarde avec grand plaisir, et cela grâce à la performance des acteurs: la liste est très longue: en dehors de Pef et de Julie Depardieu (inévitable aujourd'hui, au vue de sa participation à tout les films français sortis en février), on appréciera tout les seconds rôles: le retour de Pierre Richard (qui m'avait tant marquée dans Le grand blond avec une chaussure noire), le rôle de belle mère râleuse d'Isabelle Nanty, extaordinairement comique, la présence de Marina Foïs (hilarante avec son "une fois ça passe, deux fois ça passe [...] mais la 9ème fois, là, ca passe plus!"), mais aussi, la présence plus surprenante et saugrenue d'un pingouin qui permet à plusieurs reprises de bien rigoler.
On l'aura compris, Essaye moi est un film absurde qui ne peut finir qu'avec une fin heureuse. Il n'empêche, Essaye moi est un film attachant par sa maladresse et son humour. A consommer sans modèration !

La doublure


Francis Veber retrouve son anti héros de toujours, François Pignon, et nous livre son nouveau film, La doublure. Pour notre plus grand plaisir... ou presque.
La doublure est bien un film de francis Veber: on y retrouve sans aucun doute sa patte. Une intrigue, basée sur des quiproquos dont découlent plus un comique de situation qu'une vraie évolution de l'histoire, un personnage fondamentalement gentil qui va, malgré lui, "punir" des personnages plus ancrés dans la réalité donc mesquins, le côté très théatral (autant du point de vue scénaristique que de la mise en scène) oui, effectivement, La doublure est un film fidèle à ce qu'affectionne tant Veber.
Oui mais, en y regardant de plus près, La doublure est un mauvais Veber. Drôle, oui, mais qui souffre trop de la comparaison avec Le dîner de cons. Un film qui donne parfois l'impression de tourner à vide. On regrettera le manque de profondeur des personnages: une partie du scénario semble manquer, tant on ne sait rien sur ces personnages, ce qui empêche de les rendre attachants.
A côté de ça, Virginie Ledoyen est (hélas) fidèle à elle même: magnifique, avec une voix grave envoutante, mais encore une fois à quelques lieues de la justesse. Quelques répliques bien drôle, mais malheureusement, rien qui puisse atteindre le niveau des répliques cultes du Diner de cons.
On appréciera donc ce film pour quelques scènes bien réussies, un joli clin d'oeil au Diner de cons (oui, désolée, encore!), la présence (trop rare) de Kristin Scott Thomas qui apporte une jolie contribution au film (tout en déplorant son manque d'importance dans l'histoire...), en faisant abstraction du nom du réalisateur qui nous a habitué à bien mieux.