
Conte de Cinéma, ou une véritable réflexion sur notre rapport au cinéma...
Conte de cinéma est construit d'une façon un peu étrange: le film s'arrête à la moitié du film. Explication de ce charabia: ce film comporte deux films, qui forcement ont un lien, et ce lien, c'est le cinéma. Les 3 premiers quarts heures nous présentent un film, l'histoire d'un jeune homme qui, las de sa vie, souhaite mourir. Il rencontre en se baladant dans la rue une ancienne amie, fille qui à l'époque l'attirait beaucoup mais avec qui il ne s'était rien passé. Il finissent par sortir ensemble et surtout, décident de mourir ensemble. Finalement, après avoir avalé masse de somnifère, la fille se réveille comme si elle n'avait rien pris et préviens la famille du jeune homme que lui dort encore. Il se fait soigner dans une clinique et, de retour dans sa famille, se fait incendier pour sa tentative de suicide. Le film se termine sur le héros qui, après avoir craché sa vérité à sa mère, étouffante, cours se réfugier sur le toit de son immeuble et contemple toute l'étendue d'air et de ciel que cette vue lui offre. Générique du film.
Un étudiant en cinéma sort de la salle. On comprend qu'il est allé à une rétrospective d'un ancien camarade de fac de ciné devenu réalisateur, aujourd'hui sur le point de mourir. On comprend aussi au fur et à mesure que ce nouveau "héros" de la deuxieme partie du film est un homme frustré de n'avoir pu lui même faire ses films. Et c'est là que commence la réflexion à notre rapport au cinéma; ce deuxième héros reproduit ce qu'on a vu dans la première partie du film: il rencontre par hasard l'actrice du film et cherche à reproduire l'histoire. C'est de cette correpondance que vient la réflexion sur le cinéma: il aime tant l'actrice, le film, qu'il finit par tenter d'effacer sa propre personnalité afin de pouvoir vivre la même histoire qu'il a vue.
Hong Sang Soo nous propose alors un film qui fait appel au rapport intime que chacun entretient avec le cinéma. Est ce que ce qui nous attire dans le cinéma, c'est cette "réalité fantasmée" qui nous permet de fuir, l'air de rien? Est-ce que l'on a pas justement tendance à vouloir vivre "comme au cinéma"? Je me permets alors de faire une comparaison qui va vous sembler peu appropriée, mais je m'en moque, avec Backstage (sur lequel j'écrirai quand j'aurais enfin écris mon grbmphf d'exposé dessus), qui nous interroge sur le rapport que l'on entretien avec notre idole lorsqu'on est "fan".
Note à moi même: Mince, à postériori je réalise que mon premier post n'était que très théorique: diantre, j'ai l'esprit tellement formaté que sans m'en rendre compte j'ai utilisé ce "nous universel" tant recommandé!
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