mercredi, décembre 21, 2005

La marche de l'empereur

Je crois sincèrement que j'ai été, dans une vie antérieure, un pingouin (ou manchot pour les scientifiques qui aiment la précision) au vu de toutes les similitudes entre leur comportement et le mien. Ca expliquerait beaucoup de choses....

vendredi, décembre 16, 2005

Mysterious skin


Le film commence : on voit des petites formes colorées tomber du ciel… sur quoi ? On ne sait pas encore. Puis cela devient plus clair : ce sont des céréales de toutes les couleurs qui tombent sur le visage d’un enfant. Le coup d’envoi est donné : le film traitera de l’enfance. Tout en donnant une fausse impression : si le visage de l’enfant rayonne de bonheur, on ne pouvait trouver d’images plus diamétralement opposée au ton du film. En effet, Araki s’attaque à des thèmes lourds : pédophilie, homosexualité chez l’adolescent, SIDA … Là où Araki excelle, c’est qu’il ne tombe jamais ni dans les clichés, ni dans la pathologie.
La force de ce film réside dans le fait que Araki arrive à nous faire identifier et aimer un "héros" (ou, du moins, le personnage principal, car pouvons nous parler de héros?), le personnage principal donc, qui n'a pourtant rien d'aimable, pourri jusqu'à la moelle, qui a "une pierre à l'endroit ou normalement les gens ont un coeur", comme le décrit si bien sa meilleure amie, Wendy.
Brian et Neil ont tout les deux été abusés par leur entraineur de base ball quand ils avaient 8 ans. Brian, qui a fait un total backout dans sa mémoire sur ces quelques heures de sa vie, est intimement persuadé d'avoir été enlevé par des extra-terrestres. Mais Neil était amoureux de son entraineur, dont le départ a laissé un vide énorme en Neil qui cherche par n'importe quels moyens(il se prostitue dès l'age de 15 ans auprès d'hommes mûrs) à retrouver ces sensations perdues.
Le film prépare alors tout le long la rencontre (inévitable) entre ces deux garçons qui, après avoir vécu le même traumatisme, ont évolué différement. Et de les faire évoluer chacun de leur côté afin de les préparer à cette rencontre qui ne pouvait avoir lieu en l'état où étaient les choses au début du film. Brian apprendra à remettre en question ce postulat sur lequel il a basé sa vie, et passera enfin au stade de l'adolescence, grâce à sa rencontre avec le meilleur ami de Neil. Ce n'est qu'après l'avoir rencontré qu'il pourra par exemple dire tout ce qu'il n'a jamais pu dire à son père, un père trop absent qui ne lui a jamais montré une seule preuve d'amour. Neil, qui part à New York rejoindre Wendy, cherche à repousser ses limites; elles éclateront avec un second viol qui sera pour lui douloureux mais libérateur. Ce n'est qu'après avoir vécu cela qu'il pourra rentrer dans son bled paumé et y retrouver son meilleur ami et Brian qui l'attendent. Neil sera alors prêt à expliquer à Brian ce qu'il s'est réelement passé ce jour là, et de faire preuve pour la première fois de compassion. Enfin, il réalise tout ce que ce viol a enclenché.
Même si le film termine sur une note loin d'être positive, on se dit que Neil et Brian pourront alors essayer de s'aider mutuellement à mieux vivre avec ce poid.
Envoûtant, c'est peut être le mot qui me semble le plus adapté pour décrire ce film. Je pourrai vous expliquer que ce film a une photographie magnifique (tout dans les tons bleus) et une musique magnifique elle aussi, mais je crois qu'en réalité je ne pourrais pas dire en quoi ce film m'a touchée, voire boulversée. Et que les seuls mots qui me viennent à l'esprit, en dehors de chef d'oeuvre, c'est envoutant et, bien sur, mystérieux.

mardi, décembre 13, 2005

Conte de cinéma


Conte de Cinéma, ou une véritable réflexion sur notre rapport au cinéma...
Conte de cinéma est construit d'une façon un peu étrange: le film s'arrête à la moitié du film. Explication de ce charabia: ce film comporte deux films, qui forcement ont un lien, et ce lien, c'est le cinéma. Les 3 premiers quarts heures nous présentent un film, l'histoire d'un jeune homme qui, las de sa vie, souhaite mourir. Il rencontre en se baladant dans la rue une ancienne amie, fille qui à l'époque l'attirait beaucoup mais avec qui il ne s'était rien passé. Il finissent par sortir ensemble et surtout, décident de mourir ensemble. Finalement, après avoir avalé masse de somnifère, la fille se réveille comme si elle n'avait rien pris et préviens la famille du jeune homme que lui dort encore. Il se fait soigner dans une clinique et, de retour dans sa famille, se fait incendier pour sa tentative de suicide. Le film se termine sur le héros qui, après avoir craché sa vérité à sa mère, étouffante, cours se réfugier sur le toit de son immeuble et contemple toute l'étendue d'air et de ciel que cette vue lui offre. Générique du film.
Un étudiant en cinéma sort de la salle. On comprend qu'il est allé à une rétrospective d'un ancien camarade de fac de ciné devenu réalisateur, aujourd'hui sur le point de mourir. On comprend aussi au fur et à mesure que ce nouveau "héros" de la deuxieme partie du film est un homme frustré de n'avoir pu lui même faire ses films. Et c'est là que commence la réflexion à notre rapport au cinéma; ce deuxième héros reproduit ce qu'on a vu dans la première partie du film: il rencontre par hasard l'actrice du film et cherche à reproduire l'histoire. C'est de cette correpondance que vient la réflexion sur le cinéma: il aime tant l'actrice, le film, qu'il finit par tenter d'effacer sa propre personnalité afin de pouvoir vivre la même histoire qu'il a vue.
Hong Sang Soo nous propose alors un film qui fait appel au rapport intime que chacun entretient avec le cinéma. Est ce que ce qui nous attire dans le cinéma, c'est cette "réalité fantasmée" qui nous permet de fuir, l'air de rien? Est-ce que l'on a pas justement tendance à vouloir vivre "comme au cinéma"? Je me permets alors de faire une comparaison qui va vous sembler peu appropriée, mais je m'en moque, avec Backstage (sur lequel j'écrirai quand j'aurais enfin écris mon grbmphf d'exposé dessus), qui nous interroge sur le rapport que l'on entretien avec notre idole lorsqu'on est "fan".
Note à moi même: Mince, à postériori je réalise que mon premier post n'était que très théorique: diantre, j'ai l'esprit tellement formaté que sans m'en rendre compte j'ai utilisé ce "nous universel" tant recommandé!

vendredi, décembre 09, 2005

Question (rhétorique)

Je m'interroge: si ma fiche de lecture sur le Hitchbook était à écrire pour mon blog, est ce que je la ferais plus vite et avec plus de plaisir?

mercredi, décembre 07, 2005

Mes premières émotions de cinéma...

Je vais dire quelque chose qui est peut etre enfoncer des portes ouvertes, mais si on aime le cinéma, c'est qu'à un moment, un film nous a parlé, il nous a ému, quelque soit la nature de l'émotion provoquée (colère, joie, peur, tristesse, etc. ...).
Je crois que mes premières émotions de cinéma remonte à quand j'étais assez jeune.
Récement, il y a un ou deux, je regardais les 400 coups, parce que c'est un classique, parce que c'est Truffaut, parce que "c'est un film merveilleux". Bref, on m'en avait dit du bien.
Je regarde donc le film, persuadée de ne l'avoir jamais vu. Et puis voila, la dernière séquence arrive, suivie (forcement) du dernier plan, ce plan très connu ou Truffaut "fixe" le visage d'Antoine Doinel après qu'il ait fugué du centre pour enfant mineur et qu'il ai rejoint la mer... et la, je me rend compte que ce film, je l'ai vu étant toute petite. Pire ! il m'avait révoltée. Je ne pouvais concevoir qu'un film s'arrete ainsi, sans qu'on sache ce qu'il va arriver au "heros", comme ça, on nous lachait un film qui me semblait "incomplet", bref, le réalisateur se moquait bien de moi!! Aujourd'hui, cette histoire me fait sourire. Rare sont les films qui "finissent" vraiment, sauf les comédies sentimentales où le happy end est de mise... la plupart des films nous montrent seulement l'histoire d'un personnage à un instant T. Aujourd'hui, je m'y suis habituée, mais petite, cela me semblait inconcevable... ce qui rend à mes yeux les 400 coups particulier, bien qu'aujourd'hui, il y ait d'autres raisons pour que j'aime ce film car j'y ai forcement vu des choses que je n'avais pu voir quand j'étais petite...
Je crois qu'après, je n'ai pas trop de souvenirs de films qui m'ont particulierement marquée, car si je me souviens des films que j'ai vu quand j'étais petite, j'ai plutôt tendance à me souvenir des circonstances dans lesquelles j'ai vu tel ou tel film, comme par exemple spartacus, parce que j'étais allée le voir au grand écran avec Cos et Adrien, que j'étais toute petite et que le film durait tellement longtemps qu'il y avait un entracte !
Bref, après, je l'avoue, les films me marquaient surtout parce que j'y découvrais des actrices qui me bouleversaient, et, j'ose le dire, à cette époque, j'aimais plus les actrices que le cinéma.
Mais c'était sans compter sur Lynch et son magnifique Mulholland Drive... j'étais allée voir ce film sans aucun a prioris, ne connaissant pas le travail de Lynch, je n'avais aucune raison de dire que c'était génial puisque c'était Lynch, un travers qu'on ne peut plus éviter lorsqu'on commence un peu à connaitre le travail d'un réalisateur, ou qu'on commence tout simplement à aimer le cinéma et donc à s'interesser aux "grands réalisateurs". Bref, Mulholland Drive... j'y suis donc allée parce que l'affiche m'avait interpellée, y reconnaissant une actrice qui jouait dans... sunset beach! (j'assume). Je suis sortie de ce film bouleversée. Je crois que c'est la première (et un peu la dernière, cause de flemme) fois que j'ai ressenti un réel besoin d'écrire sur ce film, ce que je fis, dès le lendemain à la pause déjeuner entre deux cours. Même si aujourd'hui je peux rire de ce que j'ai écris car c'était très maladroit, je suis fière de ça. Le film -l'objet, pourrait-on même dire- de Lynch était envoutant. Il poussait à la réflexion, et ce que j'avais tant détesté dans les 400 coups quand j'étais plus jeune, était ce qui me fascinait dans Mulholland Drive, c'est à dire "la manipulation" du spectateur, le fait qu'en sortant du cinéma, le spectateur était libre de se faire son cinéma, son film, libre d'interpreter le film à son envie, de favoriser certains éléments du film qui nous touchaient par rapport aux autres. Ce film était un choc pour moi car c'était peut-être la première fois qu'un film vivait en moi à la sortie de la scéance.