vendredi, décembre 16, 2005

Mysterious skin


Le film commence : on voit des petites formes colorées tomber du ciel… sur quoi ? On ne sait pas encore. Puis cela devient plus clair : ce sont des céréales de toutes les couleurs qui tombent sur le visage d’un enfant. Le coup d’envoi est donné : le film traitera de l’enfance. Tout en donnant une fausse impression : si le visage de l’enfant rayonne de bonheur, on ne pouvait trouver d’images plus diamétralement opposée au ton du film. En effet, Araki s’attaque à des thèmes lourds : pédophilie, homosexualité chez l’adolescent, SIDA … Là où Araki excelle, c’est qu’il ne tombe jamais ni dans les clichés, ni dans la pathologie.
La force de ce film réside dans le fait que Araki arrive à nous faire identifier et aimer un "héros" (ou, du moins, le personnage principal, car pouvons nous parler de héros?), le personnage principal donc, qui n'a pourtant rien d'aimable, pourri jusqu'à la moelle, qui a "une pierre à l'endroit ou normalement les gens ont un coeur", comme le décrit si bien sa meilleure amie, Wendy.
Brian et Neil ont tout les deux été abusés par leur entraineur de base ball quand ils avaient 8 ans. Brian, qui a fait un total backout dans sa mémoire sur ces quelques heures de sa vie, est intimement persuadé d'avoir été enlevé par des extra-terrestres. Mais Neil était amoureux de son entraineur, dont le départ a laissé un vide énorme en Neil qui cherche par n'importe quels moyens(il se prostitue dès l'age de 15 ans auprès d'hommes mûrs) à retrouver ces sensations perdues.
Le film prépare alors tout le long la rencontre (inévitable) entre ces deux garçons qui, après avoir vécu le même traumatisme, ont évolué différement. Et de les faire évoluer chacun de leur côté afin de les préparer à cette rencontre qui ne pouvait avoir lieu en l'état où étaient les choses au début du film. Brian apprendra à remettre en question ce postulat sur lequel il a basé sa vie, et passera enfin au stade de l'adolescence, grâce à sa rencontre avec le meilleur ami de Neil. Ce n'est qu'après l'avoir rencontré qu'il pourra par exemple dire tout ce qu'il n'a jamais pu dire à son père, un père trop absent qui ne lui a jamais montré une seule preuve d'amour. Neil, qui part à New York rejoindre Wendy, cherche à repousser ses limites; elles éclateront avec un second viol qui sera pour lui douloureux mais libérateur. Ce n'est qu'après avoir vécu cela qu'il pourra rentrer dans son bled paumé et y retrouver son meilleur ami et Brian qui l'attendent. Neil sera alors prêt à expliquer à Brian ce qu'il s'est réelement passé ce jour là, et de faire preuve pour la première fois de compassion. Enfin, il réalise tout ce que ce viol a enclenché.
Même si le film termine sur une note loin d'être positive, on se dit que Neil et Brian pourront alors essayer de s'aider mutuellement à mieux vivre avec ce poid.
Envoûtant, c'est peut être le mot qui me semble le plus adapté pour décrire ce film. Je pourrai vous expliquer que ce film a une photographie magnifique (tout dans les tons bleus) et une musique magnifique elle aussi, mais je crois qu'en réalité je ne pourrais pas dire en quoi ce film m'a touchée, voire boulversée. Et que les seuls mots qui me viennent à l'esprit, en dehors de chef d'oeuvre, c'est envoutant et, bien sur, mystérieux.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Arrête de raconter la fin des films !!! Non mais !