
Le dernier film d'Atom Egoyan, La vérité nue, me permet d'aborder l'épineuse question du sexe à l'écran. On y découvre la petite Alison Lohman (qui a bien changé depuis Les associés), qui semble ne pas être particulierement frileuse.
Et là, pendant la projection, je me suis demandé en quoi ça servait le film. Est-ce que, si elle avait juste porté un déshabillé, elle n'aurait pas été autant, voire plus, désirable ?
Je sais que j'enfonce un peu des portes ouvertes, mais récemment je me suis fait la réflexion comme quoi finalement, c'est vrai que lorsqu'on suggére, c'est (en général) beaucoup plus fort. Et là, je vais vous donner mon super exemple de Psychose: l'autre jour en cours, le prof l'a projeté; je ne me souvenais plus très bien du début. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis, dès la première scène, Marion (Janet leigh) en soutien george dans une chambre d'hotel? [Alors, j'explique tout de suite: si cela m'a interpellée, c'est juste parce que c'est le seul film de Hitchcock on on voit une femme un peu déshabillée. Donc forcement, là, je pouvais pas le louper. Il est fort ce Hitch]. Bref, tout ça pour dire que là je me suis dit
"Diantre (à peu près ça, oué), mais elle est super attirante!". Il y avait dans cette scène un érotisme très puissant. Et donc tout ça pour vous démontrer l'évidence même: au lieu de mettre les actrices (ou les acteurs, mais c'est plus rare) nues, on peut tout autant suggérer leur nudité et ce qu'il se cache sous leurs vêtements, cela n'enlève en rien l'érotisme de la scène.
"Diantre (à peu près ça, oué), mais elle est super attirante!". Il y avait dans cette scène un érotisme très puissant. Et donc tout ça pour vous démontrer l'évidence même: au lieu de mettre les actrices (ou les acteurs, mais c'est plus rare) nues, on peut tout autant suggérer leur nudité et ce qu'il se cache sous leurs vêtements, cela n'enlève en rien l'érotisme de la scène.Plus j'y pense, et plus je me dis que les sous-entendus dans une conversation et la suggestion du sexe servent le film; il n'en est que plus fort, car le désir du spectateur nait de la frustration, qui est, il faut le dire, un moteur très puissant. Et c'est cette frustration qui n'est (à mon humble avis) plus assez exploitée: à force de donner au spectateur, il banalise le sexe, et est limite déçu lorsqu'il n'y en a pas. C'est dommage d'en arriver à là, lorsqu'on sait tout le potentiel fantasmagorique qu'on possède tous: il faut l'exploiter!
Je crois que pour moi c'est vraiment ça le cinéma. Il faut jouer avec le public, jouer avec ces aptitudes naturelles qu'on possède tous !
4 commentaires:
Oui mais maintenant on suggère peut être en montrant l'actrice nue, le potentiel fantasmagorique qu'elle pourrait avoir avec un soutien-gorge, ce qui pousse le spectateur à l'imaginer avec ce soutien-gorge et à aller plus loin encore dans le fantasme.
OK je sors....
Hello Leo
Merci pour tes petites réponses que je trouve plutot très interessantes... bon, par contre, je crois que l'idée que les réalisateurs filment les corps nus pour pousser le spectateur a imaginer ce que ça pourrait donner en soutien george est assez tiré par les cheveux... ;)
a voir... !
En effet mais le vrai débat n'est il pas que au lieu d'ecrire soutien gorge tu (flo) n'arretes pas d'ecrire soutien george! Mais flo qui est donc ce george qui te soutient ou que tu soutient et qui suggere le fantasme?
point de vue très intéressant... je serais ravie que tu viennes le partager ici: www.infideles-lefilm.com
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