
Un énième (et certainement pas le dernier,...) débat sur le film de Mel Gibson, La passion du Christ, m'a amenée à me poser la question (à nouveau, l'épineuse question) de: peut-on tout montrer à l'écran?
Je ne veux pas entrer dans le débat sur la religion sur "le film est-il antisémite ou non?", je m'en moque.
J'annonce tout de suite: je ne serais absolument pas objective puisque je n'ai pas aimé le film. Mais je ne compte pas expliquer en quoi je n'ai pas aimé le film; seulement, poser la question: Mel Gibson n'aurait il pas pu faire un film moins violent? Pourquoi un film aussi dur? Et là, j'entends vos récriminations: le Christ a souffert, Mel Gibson n'en rajoute pas, la réalité fut dure, il n'y a aucunes raisons pour que le film ne le soit pas. Soit. Mais ce que je reproche au film c'est la complaisance dont il fait preuve. Soit, le Christ a souffert. Est-on pour autant obligé de montrer des bouts de chair qui volent? Mais surtout, et c'est ce parti pris esthétique que je ne peux pas cautionner et qui me choque tant, est-on obligé de faire des ralentis dessus? On connait le côté volontiers masochisme de Gibson. Mais lorsqu'on s'attaque à un sujet aussi délicat que la religion, on ne peut faire preuve d'autant de complaisance en filmant ces images très dures. Si la volonté de Gibson était de faire un film réaliste sur ce qu'a dû endurer Jésus avant sa mort pour laver les péchés des Hommes, il ne peut se permettre de le ramener à n'importe quel film américain de base; il ne peut en faire un film "grand spectacle".
Et donc on en revient à ma question initiale: quel crédit apporter à l'image? La volonté de Gibson était de faire ressentir au spectateur la souffrance du Christ. Il y est arrivé, il n'y a aucun doute là-dessus. Pendant la projection, on ressent la douleur comme si c'est nous qui recevions les coups. Mais peut-on user de moyens aussi "petits" pour y parvenir?
4 commentaires:
Tu ne peux pas a mon humble avis sortir le film de son contexte. Utiliser les techniques modernes pour traumatiser le spectateur. Ce n'est pas vraiment nouveau. On a deja ca depuis la passion de jeanne d'arc, 1928 voir avant (mais j'ai pas d'exemple pour avant).
L'idée de Gibson c'est d'utiliser les techniques du cinéma horreur/gore a des fin religieuse. Quand tu as vu Evil Dead II, tu t'es pas posé toutes ces questions. Pourtant il y a certainement bien plus de mutilation et d'hemoglobine que chez Gibson.
Je pense que le spectateur essaye toujours de sortir d'une situation terrifiante, le rire est alors la meilleure façon d'exorciser l'horreur.
Mais dans le cas de Gibson, tu te retrouves coincé, t'as envie de sortir mais le subconscient te tape dessus en te disant ... eh faut pas deconner tu vas pas rire du calvaire du christ ! (vrai pour tout film parlant d'une douleur historique)
Donc le spectateur subit le film. Soit il transfert dans le personnage du christ, soit il attend la fin.
La sublimation de l'image est aussi vielle que le cinéma elle même. Mais la aussi faut sortir de l'hypocrisie et accepter que le contexte doit rester plus important que l'image. Si je regarde les dieux du stade; j'aurais du mal a dire que j'ai vu un film sportif. On peut même trouver un champignon atomique sublime.
En parlant de film sportif, si tu faisais un truc sur Shaolin Soccer ... parce que la on a l'impression que tu vois que des films serieux.
Hello Captain Commando,
Tout d'abord, saches que je suis entièrement d'accord avec toi. Et que je ne sors pas le film du contexte. Je ne pense pas détenir LA vérité, je me pose juste quelques questions en annonçant clairement que je n'en détient pas les réponses. Ainsi la tienne me pousse à remettre mes idées en questions et c'est une bonne chose. Cela dit je reprochais juste à Mel Gibson son parti pris esthétique (les fameux ralentis qui n'ont, à mon humble avis, rien à foutre la). Mais en effet, ta réflexion quant au fait que le film traitant d'une partie de l'Histoire, on ne peut pas en rire comme on fait en temps normal est tout à fait juste. Notre regard est donc biaisé? à méditer.
Par contre, j'ai la désagréable sensation que tu te moques de moi lorsque tu laisses des commentaires... Je n'ai pas la prétention de me prendre au sérieux, je tente juste d'interroger les gens sur des questions qui s'imposent à moi et auxquelles je n'ai souvent pas de réponses.
Par contre, j'ai la désagréable sensation que tu te moques de moi lorsque tu laisses des commentaires...
Oh bah non, c'est pas gentil de dire ca ... en plus tu sais qui je suis ...
(je suis le mechant alors :( )
sinon :
http://www.klov.com/game_detail.php?letter=C&game_id=7276
Mince... j'ai un doute... mais qui es tu? voila l'énigme qui va dès maintenant régenter ma vie... dur...
En même temps je me dis que si je te connais, j'en ai quand même un peu trop en faisant attention à répondre de façon soutenue...
:)
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