jeudi, juillet 13, 2006

Slevin

Le principe scénaristique de base est simple: un jeune homme, décidement malchanceux (il vient d'apprendre qu'il est cocu, a perdu son appart, son job, et vient de se faire aggresser dans la rue) part souffler quelques jours dans l'appart d'un copain, Nick Fisher, à New York. Les 2 patrons ennemis de la mafia locale le prenne pour Nick, et le voila obligé de commettre un meurtre et de trouver 48 000 dollars en 48h: ca craint pour ses fesses...
C'est donc sur ce scénario, propice aux quiproquos, que Paul McGuigan, illustre inconnu dans le monde du cinéma (bien que ce ne soit pas son premier film), signe la bonne découverte des sorties du mois. Un scénario béton, une jolie mise en scène, une pléthore d'acteurs tous plus bons les uns que les autres (Bruce Willis, sobre et discret, Josh Hartnett délicieusement drôle malgré lui et Lucy Liu qui vient apporter de la fraicheur, en plus du monument Morgan Freeman, très bon dans son rôle du patron de la mafia): McGuigan avait tous les éléments en main pour faire un bon film, ce qu'il réussi à faire (car il arrive souvent que bien que les ingrédients soient là, la sauce ne prenne pas).
Les critiques ont tous fait le rapprochement avec Tarantino et Usual Suspect; pourquoi pas? Mais si on peut comparer Slevin à l'auteur de Pulp Fiction ou à Brian Singer, ce n'est pas parce qu'il tente de copier un style qui a prouvé son efficacité; non, la vérité, c'est que McGuigan partage avec eux l'amour du cinéma. C'est évident, ça crève l'écran, McGuigan est un cinéphile. Evidemment, Slevin fait penser à plusieurs reprises aux films de Tarantino, puisqu'il leur emprunte une narration loin d'être linéaire, qui fonctionne plutôt par association d'idées. Mais Slevin est bien plus qu'une pâle copie Tarantiniesque (oui oui vous avez bien lu). Il est un veritable hommage au genre, un film bourré de références (de Hitchcock aux James Bond). Il applique avec succès toutes les leçons des grands maitres, emprunte à Shyamalan sa maîtrise du suspense et surtout, surtout ! ajoute une bonne dose d'humour, ce qui fait passer Slevin du film sympa du genre à un très bon film, qui, sans aucun doute, ne souffrira pas de visions ultérieures.
A partir de maintenant, il faudra surveiller le prochain film de McGuigan, qui, avec Slevin, attire sur lui une attention bien méritée.

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