Le scénario, irracontable, tient sur un ticket de métro : en gros, des méchants zombies attaquent un petit village perdu au fin fond des Etats-Unis. Qu’importe, puisque le scénario n’est qu’une excuse dont se sert Rodriguez pour son film-hommage aux séries Z. Mission accompli: il ne fait aucun doute sur l’appartenance du film au genre fétiche du réalisateur.Mais Rodriguez, en voulant suivre la voie du « too much » de mise dans les séries Z, s’est égaré. L’effet s’use de lui même, et use le spectateur. A force de second degré, l’agacement remplace le rire, face à un objet qui ressemble à regardez-moi-je-fais-second-degré, je-suis-un-petit-malin.
De même, la recherche esthétique du film énerve. L’ensemble du parti pris esthétique, jouant sur une fausse usure de la pellicule (rayures, couleurs passées à cause de la maladie du vinaigre,etc.) aurait pu être interessant… s’il avait été utilisé avec parcimonie. Dans des situations bien spécifiques, tout comme il l’a fait de façon ingénieuse et comique en prétextant la disparition d’une bobine pour couper une scène X, l'effet aurait très bien fonctionné. Mais là encore, la présence sur toute la longueur du film d'images rayées et de bande-son crépitante fini par user le spectateur, et perdre de sa cohérence esthétique.
Tout cela est dommage, car une meilleure gestion de ces effets auraient pu donner un meilleur résultat. D’autant plus qu’il y a malgré tout quelques bons passages, notamment l’excellente fausse bande-d’annonce au début du film (Machete) et tout le délire sur les talents inutiles.
Au final, l’impression persistante est d’assister à un film que le réalisateur aurait fait pour lui, et non pas un film destiné à la projection. Un mixte entre un film-labo (sur l’aspect jeu de la pellicule) et un délire entre potes. Alors, plus qu’un hommage aux séries Z, le film devient un divertissement pur un peu cradingue.

