lundi, juillet 17, 2006

Vol 93


4 ans après le 11 septembre, le cinéma s'attaque à ce qui fait désormais partie de l'Histoire. Quelques mois avant le World Trade Center d'Oliver Stone, Paul Greengrass s'attaque à l'histoire, moins connue, du 4ème avion détourné ce jour là, le seul qui n'atteindra pas sa cible (la Maison Blanche) pour cause de révolte des passagers. En se basant sur les appels téléphoniques que ceux-ci ont passés à leurs proches avant de mourir, Greengrass signe une reconstitution troublante de l'histoire de ces quelques passagers. Reconstitution: à aucun moment, on ne se sent dans une fiction. Pour cela, Greengrass ne conte pas l'histoire d'un ou deux personnages, mais de l'ensemble de ces personnes. On ne saura pas un nom, pas une histoire personnelle. Pas de superbes actions érigeant ces inconnus au rang de surhommes. Juste la chronique de morts annoncées, un film hommage aux victimes.
A force d'entendre parler du 11 septembre et des conséquences tragiques qui en découlèrent (...), on avait peut être tendance à oublier la mort de ces innocents pour n'en retenir qu'une date. Le film de Greengrass a ce mérite. Et ce sont des images d'archives de CNN qui émeuvent en premier, montrant le premier impact dans les tours, puis le second.
Pour nourrir son docu-fiction, Greengrass fait appel au montage alterné, montrant la situation à bord de l'avion et l'impuissance des controlleurs aériens et des autorités. Ces scènes, un peu troublantes de prime abord car parfois difficilement compréhensibles, se révelent finalement très importantes et viennent nourrir le propos du film: car ce que Greengrass montre, c'est que les passagers étaient seuls. Loin d'être des héros mais livrés à eux mêmes, tous ces passagers ont donné leurs dernières minutes à essayer de se sauver, seuls.
Le film en soi n'est pas forcement le plus important. Car le parti pris de neutralité de Greengrass peut en énerver certains, qui attendaient plus d'émotions pour ce sujet brûlant. Qu'importe de savoir le nombre de minutes passées avec des larmes sur les joues. Evidemment, le film a ouvert un débat houleux (plutôt stérile, à mon humble avis); nombreux sont ceux qui ont crié au scandale, qui sont dégoutés qu'on "puisse faire de l'argent sur un tel drame" et blablabla. Mais l'important, c'est la démarche. C'est ce fameux devoir de mémoire.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut!Me voila de retour de vaca&nces, tout le monde s'en fout:je sais!Mon premier reflexes en rentrant dans la ville de la culture est d'aller au cinéma. Mais que choisir? Et oui deconnecter de la vie réelle, c'est à dire urbaine, (que les bouseux ne se vexent pas!)je ne connais aucun nom de film je viens donc sur mon site preferé afin de voir ce qu'il y a a voir justement! Passons sur ma vie privée! Ton commentaire sur vol 93 m'a enormément surprise!Tu n'y donnes pas vraiment tes sentiments, je trouve que tu t'eloignes de la descritpion du début sur la critique et ce fameux "je" auquel tu avais l'air de tant tenir, mais qui fut bien rapidement oublier!Enfin vol 93 est donc un exercice de devoir de mémoire?je rebondis la dessus, comment peut on parler de devoir de mémoire sur ce type de sujet alors que c'est l'evenement le plus médiatiser depuis la chuite du mur de Berlin et encore!Le devoir de mémoire, si on considère qu'il est necessaire est plus que jamais réalisé! J'apellerais ca aujourd'hui du bourrage de mémoire, se plaindre de ce qui nous est arrivé plutot que de voir ce que l'on fait! Combien d'irakiens mort depuis le début de la guerre?Alors d'accord pour un devoir de mémoire commune a condition qu'il ne voilent pas la face et qu'il ne passe pas avant le devoir de l'Histoire!

Anonyme a dit…

Salut!Me voila de retour de vaca&nces, tout le monde s'en fout:je sais!Mon premier reflexes en rentrant dans la ville de la culture est d'aller au cinéma. Mais que choisir? Et oui deconnecter de la vie réelle, c'est à dire urbaine, (que les bouseux ne se vexent pas!)je ne connais aucun nom de film je viens donc sur mon site preferé afin de voir ce qu'il y a a voir justement! Passons sur ma vie privée! Ton commentaire sur vol 93 m'a enormément surprise!Tu n'y donnes pas vraiment tes sentiments, je trouve que tu t'eloignes de la descritpion du début sur la critique et ce fameux "je" auquel tu avais l'air de tant tenir, mais qui fut bien rapidement oublier!Enfin vol 93 est donc un exercice de devoir de mémoire?je rebondis la dessus, comment peut on parler de devoir de mémoire sur ce type de sujet alors que c'est l'evenement le plus médiatiser depuis la chuite du mur de Berlin et encore!Le devoir de mémoire, si on considère qu'il est necessaire est plus que jamais réalisé! J'apellerais ca aujourd'hui du bourrage de mémoire, se plaindre de ce qui nous est arrivé plutot que de voir ce que l'on fait! Combien d'irakiens mort depuis le début de la guerre?Alors d'accord pour un devoir de mémoire commune a condition qu'il ne voilent pas la face et qu'il ne passe pas avant le devoir de l'Histoire!

Florence a dit…

Ma petite Laurene,
je sais bien que sur Vol 93 je n'ai pas fait appel à ce fameux "je" qui m'est pourtant (et oui, toujours!) si cher. Mon avis sur le film? Ce n'en est pas un. C'est un docu-fiction qui cherche plus à donner une vision relativement objective d'un évenement qui a des répercutions sur tout le monde d'aujourd'hui. Est ce que je peux dire que le film m'a "plu"? dans ce cas, non, ca ne m'a pas émue à en pleurer etc. Mais tant mieux! ce n'est pas le but! pour un évenement historique, il est important de ne pas faire appel à des moyens plus que douteux pour faire pleurer dans les chaumières (sur le sujet, lire le très bel article de Rivette à propos de Kapo que tu trouveras partiellement là: http://notremusique.blogspot.com/2005/03/de-labjection-par-jacques-rivette_22.html).
Mais je m'éloigne de ton questionnement... Vol 93 n'est pas, comme tu peux sembler le croire, du bourrage de crane. Bien sur qu'on en entend beaucoup parler, de ce 11 septembre! qu'il y a eu beaucoup plus de morts irakiens que ce jour là! est ce pour autant une raison pour les oublier? Pour rappeller comment c'est parti? Greengrass tente d'être objectif mais montre quand même que les américains auraient pu éviter le drame avec un peu plus d'organisation! Sous prétexte que les médias nous bombardent d'images sur le 11 septembre, on ne pourrait pas traiter le sujet au cinéma? Au contraire, je pense qu'il est important de ne pas en faire un tabou, d'honorer ce devoir de mémoire et aussi de faire réflechir sur le sujet. Donc attendons la sortie du film d'Oliver Stone sur la question pour voir...

Anonyme a dit…

C'est remoi ce coup-ci je met mon commentaire qu'une fois!
Je veux juste réagir car j'ai l'impression qu'on s'est mal comprise, et pas de ca entre nous! Donc je critique le fait que tu dises je cite:"Mais l'important, c'est la démarche. C'est ce fameux devoir de mémoire."A cela je répond NON!L'histoire , noble matière et les historiens, nobles personnes, sont la pour nous apprendre l'histoire pas les cinéastes!Le cinéma c'est pour certain un art pour d'autres un divertissement mais dans les deux cas ce n'est pas une matière de l'enseignement comme l'histoire. Tu es contre l'objectivité trop poussée des critiques je suis contre l'objectivité du cinéma, pour une raison simple et noble:je considère le cinéma comme un art!Et l'art ne saurait etre objectif! Mais ceci est un autre débat (qui aurait sa place ici mais sur un spot à ton initiative: cinéma art ou divertissement?).
Donc par rapport a ce film et a mon commentaire je dis pas qu'il faut oublier le 11 car il y a eu plus de mort en Irak je dis juste que c'est un peu facile! Et que vu la médiatisation de cet evenement il n'etait pas necessaire de faire un film: devoir de mémoire!
Quant au film d'oliver Stone je ne donnerai pas un euro a ce mec, donc je n'irais pas voir ce film!je refuse Le marie antoinette du 11 septembre!