Lycéen intelligent et asocial, Brendan reçoit un jour un appel de son ex petite amie lui demandant de lui venir en aide, tout lui expliquant en quelques mots incompréhensibles quel est le problème. 2 jours plus tard, Brendan retrouve Emily morte. Il se met donc en quête de la vérité, vérité qui le menera dans la haute société et dans la mafia trafiquante de drogue, l'une et l'autre n'étant pas du tout incompatible, au contraire... Partant d'un postulat simple, le réalisateur et scénariste Rian Johnson nous embarque dans un scénario bien compliqué qui renforce, si cela était encore nécessaire, l'appartenance de Brick au film noir. Sauf que l'intrigue de Brick se situe au lycée, et cela est loin d'être anodin: aux problèmes classiques de mafia s'ajoute les tromperies et les rancoeurs propres à l'adolescence et à la cours de récré. Que The Pin, le patron de la mafia, vit encore chez sa mère. Qu'une lycéenne théatreuse débaucheuse de gamins et appartenant à la mafia se met à fondre en larmes pour essayer de se tirer d'une mauvaise situation. Et c'est justement ça qui donne tout son charme à Brick: il est incontestablement un film noir, en décline avec talent tout les codes, fidèle au genre, mais y ajoute un humour et un second degré qui raffraichissent pour notre plus grand plaisir un genre parfois poussièreux. Johnson use du comique de répétition et du comique de situation jusqu'à la corde.

Bien sûr, Brick est loin d'être un film parfait. Il apparait évident dès les premières images qu'il est le premier long métrage de son réalisateur, avec ce que cela implique: être un exercice de style, fidèle au genre, tout en essayant de se démarquer par un parti pris esthétique parfois inutile. Ainsi, Johnson tente un certain nombre de plans "expérimentaux", cadre incliné et tout le tintouin, un peu inutile car cela apporte finalement peu de choses au film qui n'a pas besoin de cela pour exister. Le scénario est un peu compliqué et si parfois Johnson s'arrête longuement pour expliquer un point de l'histoire, c'est pour passer rapidement sur un autre qui aurait eu besoin d'explications supplémentaires.
Qu'importe... comme je le disais, Brick est loin d'être un film parfait, mais il a indéniablement de nombreuses qualités. Sa principale est certainement la performance de Joseph Gordon-Levitt, (découvert dans le magnifique Mysterious Skin de Gregg Araki). Gordon Levitt s'y montre plus que crédible, apportant un peu d'épaisseur à un teenage, très appréciable quand on voit le sort réservé aux ado dans le cinéma américain, creux, insignifiants et toujours clichés. Brick est donc un très bon premier film, et Johnson un réalisateur prometteur d'un cinéma américain qui sait parfois se renouveler avec talent.
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